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AGORA DE PHILO

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COMMENTAIRES AUTOUR DE LA PENSEE DU 05 FEVRIER

VOLTAIRE

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COMMENTAIRES AUTOUR DE LA PENSEE DU 04 FEVRIER

DOMINIQUE ASSALE

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COMMENTAIRES AUTOUR DE LA PENSEE DU 10 DECEMBRE

MARTIN HEIDEGGER


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COMMENTAIRES AUTOUR DE LA PENSEE DU 09 DECEMBRE

JEAN GRANIER


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COMMENTAIRES AUTOUR DE LA PENSEE DU 06 DECEMBRE

MERLEAU-PONTY


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LA PENSEE DU JOUR DU 04 NOVEMBRE A SUSCITE UN LONG DEBAT DONT L’AGORA VOUS INVITE A SAISIR L’ENJEU

Pensée du 04 novembre

« Si le courage de la pensée vient d’un appel de l’Etre, ce qui nous est dispensé trouve alors son langage. »

HEIDEGGER, L’Expérience de la pensée

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE>>>

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GRILLE DE LECTURE (Elvis-Aubin Klaourou)

Avec Platon, la pensée se présente comme le dialogue de l’âme avec elle-même. Dans le prolongement de cette intuition, on pourrait ajouter que la pensée est le lieu où l’homme est le plus près de lui-même. Ainsi peut-il, parce que proche de lui-même, s’élever jusqu’à atteindre ce qui constitue la fine pointe de son principe. Un tel exercice est douloureux car il requiert de l’homme une énergie intellectuelle, une rigueur mieux une discipline. De ce point de vue, il n’est pas faux de dire que pour penser, il faut du courage.

Or s’il est vrai que l’exercice de la pensée relève du courage, il n’en demeure pas moins vrai que ce courage de la pensée vient d’un appel. L’appel de l’être. L’être faut-il le rappeler est vérité au sens de A-lètheia. Cette vérité est celle qui supporte la vie, la façonne et lui donne son contenu. Si donc le courage de la pensée vient de l’être, alors, il importe de savoir dans cette conjoncture que la dignité de l’homme consiste à être le représentant de l’indéfinissable[1]. Par la pensée en effet, l’homme devient la terre de noblesse qui se laisse revendiquer par l’être pour dire sa vérité. Une vérité qui nous affranchit et nous éclaire. Dans le partage harmonieux de cet héritage, notre humanité commune exige autre chose de nous. Elle exige que là où la vérité paraît multiple, il nous faut l’éclairer.

Au regard de ce qui précède, il appert que quiconque fait de la philosophie veut non seulement vivre pour la vérité mais veut aussi et surtout imposer profondément ces données à sa propre  pensée[2]. En ce sens il est arrivé à Heidegger de penser qu’il y a quelque chose d’essentielle vers laquelle l’homme doit tendre l’oreille afin d’être fécondé par le langage de l’Etre. Le concept de langage pour Heidegger est la demeure de l’être. Le lieu de la détermination de ce qui vient insuffler de l’Etre aux petits êtres désontologisés.

Pourtant s’il est vrai que le langage est la demeure de l’être et que l’homme est son berger, ne faudrait-il pas que le langage soit aussi la maison de l’être humain, le lieu où celui-ci habite, s’installe, se rencontre dans l’Autre et que l’un des espaces les plus habitables dans cette maison est l’espace de la poésie et de l’art[3]?

[1] Karl JASPERS, Introduction à la méthode philosophique, trad. Laurent Jospin, Paris, ed. Payot & Rivages, 1966, p. 50.

[2] Ibidem,

[3] Hans Georg Gadamer, L’héritage de ‘Europe. Trad. Philippe Ivernel, Paris, ed. Payot&Rivages, 2003, p.17.

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REPONSE ET OBJECTIONS DE NITJUS

4 novembre 2009 at 17:55 e

Je trouve très intéressante votre démarche explicative. Mais pouvons-nous marcher un peu dans la pensée?

Comment l’homme peut-il cohabiter avec l’être dans le langage comme lieu d’un ancrage existentiel? Le caractère fugitif de l’être ne met-il pas l’homme lui-même dans une fuite perpétuelle; une fuite qui finalement le met hors de l’apparoir humain? Faire assigner l’homme dans la demeure de l’être qui est le langage, est déjà un bon début, mais toujours est-il que cet homme puisse s’élever au-delà de l’horizon de l’être et rencontrer l’autre homme (vous l’aviez dit) qui est un SECRET, l’autre est un secret. (Cf J.DERRIDA, L’événement est-il possible?)

Amitié philosophique !

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REPONSE D’EMMANUEL A NITJUS

4 novembre 2009 at 20:37 e

La démarche de l’académicien est appréciable, votre lecture est aussi éclairante. Mais nous allons consentir encore à la marche. Car, philosopher,c’est marcher avec les autres dans la pensée.

C’est vos questions qui nous ont mis en mouvement, parce que nous n’avons pas de réponse, et parce que vous devons humblement nous mettre encore à la recherche de l’être. Nous nous demandons pourquoi s’élever au-delà de l’horizon de l’être ? Pourquoi assigner l’homme dans le langage comme demeure de l’être ? Heidegger lui même essaye de répondre à nos interrogations. L’homme lui-même est langage, il est un poème commencé par les dieux. Il n’a plus besoin de s’y faire assigner. Sa mission nous paraît assez simple, être le berger d’une altérité qui le dépasse, le surplombe en le traversant de part en part. C’est pourquoi nous voyons mal comment il s’élèverait au-delà de l’horizon de l’être.

Quant à la fugacité de l’être, et peut-être de l’homme, ne traduit-elle pas l’effort qu’implique le séjour dans l’ethos ? Etre la demeure de l’être ne peut pas dispenser de l’effort d’une prédisposition sans cesse renouvelée à la donation de l’être. L’autre homme est secret, parce que sa donation est un itinéraire du sens. Son toujours-déjà-là est un avenir, un surgissement soudain, une étreinte subreptice, une altérité de surprise qui se fait dérangement de l’histoire.

L’événement est possible à la condition de le reconnaître. L’événement est possible comme avènement, comme donation du sens. L’homme est un être-jeté qui ne peut pas se dérober à sa condition historique, malgré la fuite perpétuelle hors de soi, mais jamais hors du monde. L’acheminement vers l’être authentique passe par l’assomption de la donation-retrait de l’être.

En effet, cette donation se soustrait d’elle-même, elle demeure en retrait de toute présence. Cohabiter avec l’être revient à penser l’être comme un don qui libère de la présence tout en restant lui-même en retrait de cette libération. Le donner événementiel se joue en retrait dans la libération du retrait, c’est à dire en faveur du il y a. (Cf. Temps et être, p. 199).

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REPONSE D’ELVIS-AUBIN A NIJTUS ET EMMANUEL

05/11/09, 20H

L’être et le langage, l’originaire discursivité de l’homme

Réponse d’Elvis-Aubin KLAOUROU aux réactions de la grille de lecture de la pensée du jour du 04 novembre

Bien aimés autres dans le voisinage du Tout Autre,

L’Etre est ce qui fait que les choses en présence sont ce qu’elles sont. Il est ce qui sans temps vient faire irruption dans le temps pour ensuite se retirer comme un éclair. De ce point de vue, il est présence retirée mais qui n’est pas un retranchement.  Aussi en résulte-t-il que l’ETRE ne se laisse pas capturer par un énoncé puisqu’il est de sa quiddité même de se dérober en sa vérité, de s’y abriter et de s’héberger lui-même dans cet abri[1].

Pourtant il ne cesse de se dire dans le questionner suscité en l’homme. Dès lors une question se pose : sur quel mode propre de l’ÊTRE, le langage devient demeure de l’ÊTRE ? Nous pourrons provisoirement répondre que le langage en tant qu’il débouche sur la ‘‘poiésis’’ est  la demeure de l’Etre dans son mode propre, de ce qui se communique, se dit,  se donne (es gibt). L’impuissance du langage conceptuel dans ce cas devient fort heureusement ce qui conduit la pensée devant la chose.

Or si ce préalable vous agrée, vous pourrez convenir avec nous que dans ce langage, qui déborde les frontières du concept, se soustrayant ipso facto à la logique et qui se fait création, se trouve posée l’essence de l’homme, ce beau poème commencé par l’Etre. Du coup l’on pourrait sans risque d’erreurs affirmer que l’homme cohabite avec l’Etre dans le langage puisqu’il constitue leur mode d’être. Cette affirmation semble se heurter à un écueil que nous révèle votre interrogation à savoir : comment l’homme peut-il cohabiter avec l’Etre dans le langage comme lieu d’un amarrage existentiel ?

La virulence de cette question suscite en nous le besoin de faire une herméneutique du langage comme lieu de cohabitation de l’homme avec l’ETRE. A cet effet, nous voulons signifier que la cohabitation dont il est ici question tourne le dos à une quelconque familiarisation entre l’ETRE et l’homme. Il s’agit ici de comprendre que l’homme est le locataire de la maison de l’ETRE qui est le langage. L’homme donc cohabite avec l’ETRE par le biais du langage selon que l’homme se tient en présence (anwessen) de l’ouvert, une présence qui se fait écoute et obéissance à la voix de l’ETRE. Cette cohabitation ne signifie nullement possession de L’ETRE.  En ce sens, Gadamer présente l’être et le langage comme l’« originaire discursivité de l’homme » : l’élément constitutif du monde et de l’homme. Le langage est, dit-il, de l’événementiel.

C’est d’ailleurs dans cette perspective  que le caractère fugitif de l’ETRE fait venir au jour le questionner qui invite à la patience. Car savoir questionner revient à savoir attendre et même toute une vie. Parce que justement, le Dieu songeant déteste la croissance prématurée.

En outre, le caractère fugitif de l’ÊTRE ne pourrait-il pas fonder en raison ce qui fait que le Dasein prenant conscience de sa finitude est “être de projet” ? Un être pro-jet qui le mène en avant et lui donne de rencontrer l’océan de l’autre que vous présentez avec Derrida comme secret. Mais au fond, ce secret dont l’autre serait le représentant n’est-il pas justement chemin de mon humanisation ? Ce secret ne consiste-t-il pas à me révéler l’autre comme le médium de la rencontre du soi? (Cf. GADAMAER Hans Georg)

En fait ces lignes ont voulu être l’épiphanie d’une volonté de penser. Et puisque penser voudrait dire merci, voudriez vous Emmanuel (ami avec lequel nous mangeons le sel de la marche philosophique)  et vous cher internaute, lire ces lignes comme notre profonde gratitude pour l’apport que vous nous faites dans notre pèlerinage vers le Tout Autre.  Nous restons toutefois persuadé que nous nous devons de penser de façon oecuménique à cause du fait que la vérité est symphonique. Dans cette perspective, elle ne peut être trouvée qu’au moins à deux. Puissions-nous dans un proche avenir méditer vos intuitions sur la question puisque dans chaque questionner se dresse déjà le visage de la réponse.


[1] Martin Heidegger, Chemin qui ne mène nulle part, trad. Wofgang BROKMEIR, Paris, Gallimard, 1962, p. 369.

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OUVERTURE D’EMMANUEL

06/11/09 07H50

Merci cher autre, Berger de l’être !

Tu détiens les clés des chemins qui ne mènent nulle part. Le titre de l’article publié nous livre en sa profondeur la vision de l’intimité entre l’être et le langage d’un point de vue gadamérien. Et tu fais bien de convoquer à l’appui de ton maître, le maître Heidegger. Nous aurions pu encore remonter plus loin.

Dans l’invite que tu fais à te répondre, je viens balbutier quelques éléments qui ne sont pas des réponses, mais de nouveaux pavés dans la marre. Ils permettent d’avancer sur l’autre rive en réorientant le problème de la cohabitation avec l’être dans le langage. Pour ne pas s’éloigner du pot de service, je vais parler comme Ricoeur, un autre ami qui partage avec Gadamer l’esprit de la maison heideggerienne de l’être. L’écart entre Gadamer et Ricoeur en la matière est très mince. Le langage herméneutique comme creuset de révélabilité de l’autre et d’attestation de soi.

Le dialogue est le lieu de l’accueil de la différence. C’est pour cela que la traduction chez Ricoeur est un modèle herméneutique, comme le texte est un modèle d’interprétation. C’est évident, mais Ricoeur insiste sur le fait que la traduction accomplit le rôle habituel de transfert de sens et de compréhension d’une langue à une autre, entre différents membres d’une communauté. Se traduire soi-même comme un autre implique le travail médiateur des signes. Selon ce modèle de traductibilité, il n’y a pas d’altérité qui soit à ce point extérieure qu’elle ne puisse être interprétée. La première altérité est celle de l’être. Ainsi dans le langage herméneutique, l’homme se fait le traducteur de l’être. Sur cette base d’existence communautaire entre l’homme et l’être révélé dans la traduction, une conscience éthique va naître qui inscrit l’autre en moi en tant qu’appel venant de l’au-delà. Le cercle de l’ego-cogito est rompu avec l’ipséité qui se dit dans le langage comme hospitalité vraie à l’être, ouverture à l’altérité.

Mais dans cette traductibilité, la garantie est maintenue que l’autre préserve une fluidité et équivocité comme une inaccessibilité originaire. Pour éviter l’écueil de l’aprésentation husserlienne, l’autre ne doit pas s’identifier à la mêmeté (à cause d’une dissymétrie nécessaire de rapport), il ne doit pas non plus s’exiler dans quelque altérité inaccessible. Par le fait du langage, demeure de l’être, l’herméneutique permet à l’homme de rester au contact de l’autre. C’est ainsi que la traduction devient un modèle éthique et politique.

Emmanuel

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE>>>


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